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Miss Lili's adventures

Mes contes (attention, ceux présentés ici ne sont pas destinés aux tout-petits, bien que certains soient adaptés), coups de coeur, découvertes, chroniques de sexytude (ce qui nous fait craquer, ce qui rend l'autre attirant). Bonne lecture !

Conte de dessous la terre 4 : épilogue

La Jeune Femme se réveille. Le printemps est là. Les oiseaux chantent l’éclosion des premiers bourgeons. La Dame de la Source a déposé à ses côtés une belle robe de fleurs tressées.  

Elle se souvient de son village. Ses racines frémissent dans son âme. Elles l’appellent.

Le loup a senti. Il se lève, et la guide jusqu’à l’orée du bois. Il ne peut pas aller plus avant. Les gens tenteraient de le tuer.

Elle s’avance gaiement jusqu’à la porte de sa maison. C’est toujours la même maison, mais… il y a comme quelque chose de changé. Lorsqu’elle frappe à la porte, la femme qui vient ouvrir ne bondit pas de joie. Elle ne semble pas la reconnaître. La Jeune Femme ne dit rien. Elle voit son père au fond, sur un fauteuil à bascule. Il berce un enfant. Elle leur demande l’hospitalité.

Ils la lui accordent avec plaisir.

Le soir venu, après le repas, elle leur propose de leur raconter une histoire…

Elle leur raconte comment la Petite Fille fut enlevée par une vieille sorcière, comment elle attendit en vain que son père vienne la sauver, comment elle finit par plonger dans un souterrain, comment elle démasqua la sorcière déguisée en bébé, comment d’enfant, elle devint Jeune Fille, comment elle chuta dans des oubliettes pour finalement délivrer l’enfant de Joie, la sauvant des eaux de la mer de toutes les peurs, de toutes les tristesses, en chevauchant le serpent de vie. Elle leur raconte comment elle a retrouvé la Dame de la Source et comment la fée a aimé l’enfant au premier regard, comment elle l’a nourri et ramené à la vie. Elle leur raconte le retour du printemps, les fleurs sur les arbres, le chant des oiseaux, le matin dans la forêt. Elle ne leur parle pas du loup. Son père n’écoute plus, il se souvient. Baigné de larmes de joie, il sourit. Il pleure. Il pleure pendant longtemps encore. Il est triste. Il accueille cette tristesse de bon cœur cependant. Il se souvient enfin de sa fille. Il se souvient de sa première femme. Il se souvient du passé. Ca fait mal, mais c’est sa vie. Soudain, le silence est là, autour de lui. La bulle de passé à éclaté, et il est à nouveau là, dans son fauteuil. Il ouvre les yeux et il la voit, assise, là, devant lui. Il n’en croit pas ses yeux. Il bafouille. Il se lève, se rassoit. Il n’a pas de mots tellement l’émotion est… C’est donc possible ? C’est donc possible ? Il se met à danser de joie, à chanter à tue tête tout ce qui lui passe par la tête, les chansons tristes comme les plus gaies, tout à la fois, et il l’entraîne dans la danse… Les voisins, en entendant tant de liesse viennent frapper, leurs instruments à la main. Eux aussi veulent participer à la fête ! Et tout le monde de chanter et de danser ainsi jusqu’au petit matin.

 

Et ils vécurent heureux ! 

 

Et le loup ? C’est le début d’une autre histoire… Peut-être la raconterai-je un jour… qui sait ?

 

© Adler Caroline, Contes de sang et d’os, Paris, juillet 2011 (12 mars 2012 pour la nouvelle version).

 

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