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Miss Lili's adventures

Mes contes (attention, ceux présentés ici ne sont pas destinés aux tout-petits, bien que certains soient adaptés), coups de coeur, découvertes, chroniques de sexytude (ce qui nous fait craquer, ce qui rend l'autre attirant). Bonne lecture !

Articles avec #chroniques d'un chagrin d'amour catégorie

Le Grand Roncier

Publié le 28 Novembre 2016 par misslilisadventures dans Chroniques d'un chagrin d'amour

La grande horloge est détraquée dans la maison brouillard

Ya quelque chose de cassé quelque part.

Tout est lié imbriqué

le chemin de la maison est effacé

Des épines de souvenirs griffent le présent et font pleurer les rêves

Elles sont partout cachées

Petits morceaux du grand roncier.

 

Il reste le chemin

Je ne sais pas par où il passe

Mais mes pieds le connaissent

Les pieds savent où ils vont.

 

Ici le temps suit son cours

Quelqu'un l'a délivré

On ne le décompte plus

Une heure en suit une autre selon leur bon vouloir

L'homme se fie à la nature

Le soleil les étoiles et la lune

L'ombre portée dit le temps présent.

 

L'horloge est détraquée dans la maison brouillard

Ya quelque chose qui clock clock quelque part.

Le balancier a disparu

La femme a pris les aiguilles pour tricoter

Des pulls couleurs de temps.

 

La nuit éclaire le jour

Le passé au présent

Un bug dans l'espace temps.

La voilà qui tisse

De ses longues mains graciles

Avec des fils d'histoires

De grands mouchoirs livides

Pour moucher les chagrins

Ravauder les déchirures

Réparer cette étoffe

Dont sont faites les rêves.

 

Les mouchoirs de larmes détrempés

Floquent floquent

Dans la maison brouillard.

Le chemin suit son cours

De méandres en bifurcations

Et mes pieds dansent

Sautent d'un rocher à l'autre

S'arrêtent, boitent un temps,

Glissent dans la boue

Glissent sur la glace

Se plantent dans le sable

Qui s'écoule, lentement

Irrémédiablement, entre mes doigts serrés.

 

Sous les pavés la plage

La plage dans le brouillard...

 

J'entends murmurer les ombres

Je sens les fils de nuit de la tisseuse

La face sombre de la lune

Pleine d'histoires innommables

Indicibles

A la trame barbelée à faire pleurer les rêves

A faire pleurer la peur dans les chaumières

 

Ya des pas qui s'approchent

De la maison brouillard

J'entends comme un "toc toc"

Quelque part...

 

L'homme a traversé le grand roncier

Et touts ses beaux discours se sont accrochés aux épines

Lacérés, déchiquetés, écorchés

Il est arrivé le regard plein de larmes

Et les rêves en lambeaux

Plus de mots pour le dire

 

Les belles amoures se passent de mots

Leur silence est éloquent.

 

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Pourquoi partager ces impressions avec des gens ?

Publié le 18 Août 2013 par misslilisadventures dans Chroniques d'un chagrin d'amour

C'est plutôt intime, il est vrai. En même temps, je donne pas de noms ni de dates. C'est ça qui est cool avec un trauma, les émotions défient le temps... et elles sont universelles. Je me dis que si ça peut en aider d'autres à se libérer, ben, tant mieux. Autant tenter. 

 

Première raison : j'ai méga peur d'aller farfouiller là dedans. Ca fait super méga mal, et quand on partage une peine, elle diminue. C'est bien pour ça qu'on trouve un si grand nombre de blogs où les gens "se lamentent" (et pour les joies, elles augmentent, c'est cooool). 

Deuxième raison : ya un côté "gredin" en moi, qui espère encore, en loosedé, que celui-dont-je-parle lira ces lignes, se rendra compte d'à quel point il s'est trompé sur mon compte, et que je suis une nana géniale, et formidable, et qu'il acourera avec un écrin et une rose... et que j'aurai pas à en chier méchamment. 

Ce à quoi, mon expérience me répond que dans ce genre de situations, c'est surtout les hyènes moqueuses et les chacals qui accourrent, en mode "viens que je te console avec mon baiser magique qui les fait toutes succomber". 

Ca me rappelle l'histoire du petit piou dans Mon nom est Personne, et sa moralité : "quand t'es dans la merde, ferme-la". Assez donné dans ces conneries pour toute une vie. Cette fois, je chiale d'abord, je me console, et ENSUITE seulement, je rouvre la porte à l'autre. 

D'abord me trouver moi. Sinon, bonjour la fusion et j'ai pas envie de ça. 

 

Je sors du déni. 

Je le sens maaaaaaaaal... Pas envie, mais alors, pas DU TOUT envie de sentir ça. 

Bon, le truc positif, c'est qu'il s'agit d'un chagrin d'amour, mais que dans mon cas, il est pas mort. Pas comme dans le livre. En même temps, si c'est pour que ça aboutisse à une séparation définitive horrible et tout, et ben, c'est ignoble à imaginer. Sauf que, c'est déjà le cas. Oui mais non. Jusque là, j'ai refusé de le voir.

Bip bip ? Moué. Non. Je ne prendrait pas la fuite encore une fois. 

 

Ouh que je suis positive. 

Genre pas de vie après... Attila ? Bien sûr que je vais être heureuse et aimer à nouveau en grand de toutes les couleurs et que la vie est belle. 

Mais à cet endroit là, en pleine tempête intérieure, au plus profond des nuées où je me suis planquée pour l'aimer; là, ça fait super mal, super peur, et ya personne à qui le dire. Là, tout au fond, ben... j'ai vraiment pas envie d'y aller.

Ne pas forcer. 

 

J'vais aller manger d'abord. Ca viendra.

Ya pas d'autre chemin. 

J'ai l'impression d'être de retour sur le bord de la piscine quand j'ai appris à nager, avec le maître nageur qui me faisait faire des longueurs seule avec lui en "carotte devant le nez de l'âne" nageant devant moi, pour apprivoiser ma peur de l'eau. 

Ya pas une baleine dans le coin ? Un cachalot ? Un dauphin ?

"Flippeuse la dauphine". Jeu de mot de merde. Nan, je suis pas maso. J'en ai ma claque. Je craque. C'est épuisant de m'empêcher de sentir ça. C'est comme éclipser le soleil depuis... pffiuuuu, trop longtemps. Le soleil, et la tempête autour. 

 

C'est du passé, je suis là, j'ai gagné. Maintenant, ya plus qu'à accueillir les émotions passées, alléger mon sac... faire de la place pour aimer, tranquille, en paix. 

 

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En chemin vers moi

Publié le 18 Août 2013 par misslilisadventures dans Chroniques d'un chagrin d'amour

"Il se sert de la shacapa, le bouquet de feuilles. Il la secoue avec sa main droite pour composer un rythme. Les feuilles se frottent entre elles. Vrai coeur végétal. Rythme binaire. Qui m'ancre dans la terre. L'énegie pénètre. Brûle les barrières. Je le sens. Besoin soudain de cette diète, besoin de cracher la douleur, besoin d'être légère. Pour te retrouver"

in Journal d'une apprentie chamane de Corinne Sombrun, p.46

 

Cracher la douleur. M'alléger. 

 

J'ai vu des amis. 

Une : méditation en mozaïque. Je me suis assise, et je l'ai regardée peindre une rivière... rouge. Ambiance pirate très apaisante. 

Deux : cuisiniers du soir, espoir : fans d'oignons, d'ail, et autres joyeusetés. Méditation culinaire, en les regardant émincer et laisser fondre à la poêle, avec l'amour et la patience de la cuisine bien faite. Ambiance gourmande, et zen. Fatigue et faim. 

Je me rends compte à quel point je suis déconnectée de mes besoins essentiels. Je me coupe de moi, souvent. Trop souvent. J'aimerais bien partager ces moments avec d'autres. Ca me manque, la communion des repas. 

 

Je continue ma plongée dedans moi. 

J'ai ralenti le rythme. 

J'ai pris le temps de sentir, de laisser se dissiper peu à peu le brouillard de trac et de stress qui m'enveloppait. 

J'ai peur de me sentir. Peur de me reconnecter à moi. Peur de ne pas me reconnaître ? Comme si j'allais retrouver une petite fille après 20 ans d'absence... devenue femme. 

Quelle femme ? Qui suis-je devenue ? 

 

Je prends le temps. Je fais des pauses, des siestes. Avant de manger, après manger... Je prends le temps de me sentir. J'accueille ma fatigue, et bizarrement, plus j'accepte de sentir que je suis fatiguée, plus je me repose, plus ça va. 

 

Je bouge au ralenti, comme pour ne pas troubler l'eau... Je nage encore dans la rivière du souvenir... 

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Stade 2 (rien à voir avec le foot ; quoique...)

Publié le 16 Août 2013 par misslilisadventures dans Chroniques d'un chagrin d'amour

Bon, ben, voilà. 

 

Me voici de retour par ici, en fuite de Facebook histoire de ne pas noyer tous mes "amis" sous des torrents de larmes. 

 

Prise de conscience du jour : le coeur humain n'est pas fait pour faire le deuil d'une personne vivante (déjà que pour les morts, on continue à leur parler après... si vous niez, c'est que vous en êtes encore au stade 1. Cherchez pas, j'ai raison, je suis super triste, pis c'est moi qui écris.)

Le papillonnage amoureux est une invention du Grand Capital pour nous faire bouffer des anxiolitiques et boire de l'alcool en sortant draguer et consommer pour oublier. 

 

J'enclenche le stade 2. 

Je sors du déni à la "même pas mal, même  pas faim, même pas envie de me lever, même que si je suis suffisamment patiente, ça va passer tout seul. Je vais me réveiller après, et ça sera ailleurs." 

(Si d'abord. La Belle au bois dormant, ça marche ! )

 

J'arrête de faire semblant que tout va bien alors que dedans c'est Beyrouth. Je reconnecte les circuits. 

 

J'fais un peu comme dans "Valse avec Bachir", mais version "guerre des sexes". 

 

C'est moins sanglant... en apparences. 

 

Et plus j'écris, plus je me dis que c'est pas lui qui me manque, mais moi. C'est de moi que je me suis déconnectée pendant si longtemps. En me déconnectant de ma tristesse, j'en ai perdu du même coup le contact avec mes vraies envies, mon rythme profond. 

 

Fuir, ça va un temps. J'en ai ma claque. J'arrête la fuite en avant. Le temps des larmes est venu. Et des gros câlins de moi à moi, avec tout plein de coussins, en attendant d'être assez vaillante pour pointer mon nez dehors, et m'en aller chercher consolation là-bas loin dans le vaste monde. 

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