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Miss Lili's adventures

Mes contes (attention, ceux présentés ici ne sont pas destinés aux tout-petits, bien que certains soient adaptés), coups de coeur, découvertes, chroniques de sexytude (ce qui nous fait craquer, ce qui rend l'autre attirant). Bonne lecture !

Enfants restitués, Argentine.

Publié le 30 Novembre 2016 par misslilisadventures dans Notes de visionnage

LA PART POUR LE TOUT

 

Ce matin, mon humanité me pèse sur la conscience.

Hier j'ai vu un documentaire.

J'ai peine à dire, à trouver les mots pour encore une fois, dire l'indicible.

Argentine 1976-1983.

Au nom de la vie, on torture à tours de bras.

Au nom de  la vie on fait disparaître les opposants. Entre 13000 et 30000 suivant les sources. Des lois ont été votées pour donner l'impunité aux coupables.

Au nom de la vie, un programme de vols systématiques d'enfants a été mis en place par les forces armées.

Les coupables, eux, sont jugés, et condamnés à perpétuité (quand le gouvernement alloue des crédits pour les procès).

Aujourd'hui, ici, à Paris, je suis libre d'avoir des enfants et de les élever, j'ai le droit d'opter pour la contraception, ou même l'avortement, d'accoucher sous X, de laisser mes enfants à leurs grands-parents...

Il y a des jours comme ce matin où je suis surtout libre de rester au lit, blottie sous les couvertures, en espérant pouvoir rester un peu plus longtemps dans mes rêves.

Mais c'est un cauchemar que je fais.

Ya de grosses vagues de larmes qui bouillonnent, submergent la route qui me ramène. Tout me pèse et ralenti. je m'accroche au camion. Empapada.

Ce soir, j'ai le crayon qui saigne noir. la goutte au nez de n'avoir pas pleuré hier.

Hier quand mon rire fusait sur les larmes de crocodile. Accoucheur tortionnaire voleur d'enfants dans une des maternités clandestines. L'esprit tranquille, en règle avec le Christ. 

J'aimerais l'insulter mais ne me viennent que des cris de rage.

Il ne mérite pas de mots, pas d'insultes poétiques.

Juste son nom "Doctor Magnacco", le bien nommé.

J'écris pour les mères, les pères, les enfants, les familles. Pour que circule, se tisse la mémoire.

Les mères, braves, courageuses, n'imaginant pas vers quels gouffres elles s'avancent.

Ca dépend des endroits. Là où sévit le crocodile Magnacco, elles ont le droit à des visites d'autres détenues dans leur "Chambre des femmes enceintes". Pas comme en bas, dans "l'avenue du Bonheur", où des prisonnières s'alignent dans des boîtes comme des cercueils ouverts, menottées, les yeux bandés. Là on torture sur une musique de Joan manuel Serrat "Je ne verrai plus ma maison...". Au milieu, sur une table, une femme enceinte.

Les bruits de chaînes se mêlent aux cris d'un bébé en train de naître. Dans un joli couffin ils l'emmènent, accompagné d'une lettre à la famille qu'elle ne recevra jamais. Pour tranquiliser la mère pendant l'accouchement. Ici, on prend soin des bébés. On donne même des vitamines aux futures mères.

Ailleurs, les femmes sont menottées à des tables d'opération yeux bandés. Pas le droit de leur parler. Césariennes à peine anesthésiées localement. Elles doivent pouvoir retourner à pieds à leurs cellules 30 à 40m plus loin. Pas le droit de leur poser l'enfant sur la poitrine, même un instant.

Ailleurs, sitôt l'accouchement fini, elles doivent nettoyer par terre.

Dans certains endroits, ils tuent les enfants, dans d'autres ils les envoient à l'orphelinat, dans d'autres ils les font adopter par un réseau de militaires.

Un loup tue pour se nourrir, mais eux ? A se réclamer de la vie pour arracher la mort à des cris d'innocents. Le virus rouge à éradiquer. Voler les enfants pour mieux les éduquer.

Voler leurs noms, leurs identités, "NN" dans les registres. Changements de dates de naissance. Tout empêcher pour qu'on les retrouve. Restent les grands-mères de la Place de Mai, gardiennes de souvenirs et les collectes d'ADN transgénérationnelles.

Leur redonner leurs noms, à défaut d'un prénom. De Guillermo, être enfin Rodolfo. Retrouver ses racines qui baignent dans le sang.

J'ai mal à l'histoire. Ce soir, l'humanité me pèse. Ya des grosses vagues de larmes qui bouillonnent, submergent la route qui me ramène.

Gardées par les Grands-mères de la place de Mai, 500 boîtes à souvenirs, boîtes à identités, boîtes à s'enraciner.

En juin 2016, 121 ouvertes par los "hijos restituidos", les enfants restitués. Dedans, des photos des papas et mamans, des objets leur ayant appartenu, de quoi se fabriquer des souvenirs, de quoi faire refleurir l'arbre familial, faire refleurir, enfin, l'arbre de vie.

Trailer

Présentation de la projection à la Maison de l'Amérique Latine à Paris.

Au festival Biarritz Amérique Latine

Historias de hijos restituidos : como recuperaron la identidad.

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Canicule

Publié le 28 Novembre 2016 par misslilisadventures dans Instants

Mercredi 24 août 2016 (12h23)
Bouteille gelée tape tape au fond
presse presse pour faire tomber
un peu de glace fondante
la femme sur le quai du métro.
 
(18h03)
Caniveau, l’eau
rigole sur les pavés.
Et si j’y pataugeais ?
 
(18h31)
Métro, dans mon cou
le souffle de l’éventail
de ma voisine.
 
Jeudi 25 août 2016 (11h28)
Courant d’air. Grimpant
l’escalier du métro, la
dam’ ouvre les bras.
 
(22h15)
Vent sur le pont d’Arcole
un coup d’éventail
le pet disparaît.
 
(22h53)
Hé mais comment tu peux
oublier le charbon
à un barbecue !
(une femme dans la rue)
 
27 août 2016 (13h37)
Chaud chaud dans le métro.
Mollets qui suent.
Piqûre de moustique.
 
(15h23)
Chaud. J’ouvre.
Fenêtre sur la fournaise.
Tout compte fait, il fait frais.
 
(15h44)
En étoile sur le lit,
immobile, il ne fait
pas si chaud.
 
Etalée sur le lit
un fou rire et
me voilà en nage.
 
(22h27)
Trois visages spectraux
errent dans la nuit
le nez dans leur Iphone.
 
28 août 2016 (00h21)
Passe homm’ ou femm’ ?
Pieds nus dans l’herb’ croqu’ un’ chips.
Au ciel la cass’rol’.
 
(12h13)
En bas deux couches
pleines. Quatre petites jambes
pendent du balcon.
 
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Tankas et Haïkus après le 13 novembre 2015

Publié le 28 Novembre 2016 par misslilisadventures dans Instants

13 novembre
 
Dix messages au réveil :
ça va ? T’es où ?
Rappelle_moi !
 
« Attaques terroristes à Paris :
Signalez que vous êtes en sécurité
Prenez des nouvelles de vos amis »
 
(un sms dans la semaine)
Ca te dit une bouffe
à la maison et un tour
au Bataclan ? - Non merci.
 
Heure de pointe, regards
tendus, la bonne humeur
semble suspecte.
 
Murs gris, quais déserts
ambiance feutrée dans la rame
Oberkampf est fermé au public.
 
Devant des tentes
blanches, derrière une
marguerite de voitures
l’institut médico-légal
déborde sur le trottoir.
 
Politesse, une porte
tenue, que ça fait du
bien de sourire !
 
Dans la rue tachycardie
collective. Un scooter
vient de passer.
 
Devant les grands
magasins, bérets rouges, verts
et bleus. C’est Noël !
 
Des pubs à la télé
Disent que c’est cool
De jouer à la guerre.
 
En quatre par trois
sur les quais de métro,
l’armée recrute.
 
Inondation
 
A cause des
intempéries, le RER C est
fermé au public.
 
Sur la ligne 7
La station Pont Neuf est
fermée au public
 
Comme aurait dit Noé
Que d’eau !
Que d’eau !
 
La piscine Joséphine
Baker est cernée
Par les eaux.
 
14 juillet
 
Fête Nationale à la
Fenêtre, je regarde
Le feu d’artifices.
 
14 juillet sanglant
A Nice, un camion
Fonce dans la foule.
 
Le camion en boucle
A la télé, j’ai du
Mal à y croire
 
Des corps au sol un
grand silence sur la
Promenade des Anglais
Le journaliste choqué
Répète l’indicible.
 
Après « je suis Charlie » :
photos de profils filtrées
en bleu blanc rouge.
 
Canicule
 
Caniveau. L’eau
Rigole sur les pavés.
Et si j’y pataugeais ?
 
Métro, dans mon cou
Le souffle de l’éventail
De ma voisine.
 
(bombardement)
En bas deux couches
Pleines. Quatre petites jambes
Pendent du balcon.
 
9 novembre
 
Anniversaire de la chute
Du mur de Berlin. Les USA
basculent à l’extrême.
 
Les demandes d’émigration
au Canada font planter le site.
Un québécois s’interroge :
Faut-il construire un mur ?
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Le Grand Roncier

Publié le 28 Novembre 2016 par misslilisadventures dans Chroniques d'un chagrin d'amour

La grande horloge est détraquée dans la maison brouillard

Ya quelque chose de cassé quelque part.

Tout est lié imbriqué

le chemin de la maison est effacé

Des épines de souvenirs griffent le présent et font pleurer les rêves

Elles sont partout cachées

Petits morceaux du grand roncier.

 

Il reste le chemin

Je ne sais pas par où il passe

Mais mes pieds le connaissent

Les pieds savent où ils vont.

 

Ici le temps suit son cours

Quelqu'un l'a délivré

On ne le décompte plus

Une heure en suit une autre selon leur bon vouloir

L'homme se fie à la nature

Le soleil les étoiles et la lune

L'ombre portée dit le temps présent.

 

L'horloge est détraquée dans la maison brouillard

Ya quelque chose qui clock clock quelque part.

Le balancier a disparu

La femme a pris les aiguilles pour tricoter

Des pulls couleurs de temps.

 

La nuit éclaire le jour

Le passé au présent

Un bug dans l'espace temps.

La voilà qui tisse

De ses longues mains graciles

Avec des fils d'histoires

De grands mouchoirs livides

Pour moucher les chagrins

Ravauder les déchirures

Réparer cette étoffe

Dont sont faites les rêves.

 

Les mouchoirs de larmes détrempés

Floquent floquent

Dans la maison brouillard.

Le chemin suit son cours

De méandres en bifurcations

Et mes pieds dansent

Sautent d'un rocher à l'autre

S'arrêtent, boitent un temps,

Glissent dans la boue

Glissent sur la glace

Se plantent dans le sable

Qui s'écoule, lentement

Irrémédiablement, entre mes doigts serrés.

 

Sous les pavés la plage

La plage dans le brouillard...

 

J'entends murmurer les ombres

Je sens les fils de nuit de la tisseuse

La face sombre de la lune

Pleine d'histoires innommables

Indicibles

A la trame barbelée à faire pleurer les rêves

A faire pleurer la peur dans les chaumières

 

Ya des pas qui s'approchent

De la maison brouillard

J'entends comme un "toc toc"

Quelque part...

 

L'homme a traversé le grand roncier

Et touts ses beaux discours se sont accrochés aux épines

Lacérés, déchiquetés, écorchés

Il est arrivé le regard plein de larmes

Et les rêves en lambeaux

Plus de mots pour le dire

 

Les belles amoures se passent de mots

Leur silence est éloquent.

 

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Bénédictions : rituels de bénédiction et guérison

Publié le 7 Janvier 2014 par misslilisadventures dans All I need is love ! :o)


Une pièce sonore composée par Vincent Moon
à partir des archives sonores du Musée du Quai Branly
et de ses enregistrements personnels
Paris, juillet 2013
avec l'aide de Renaud Brizard, Samuel Aubert et Priscilla Telmon


released 01 January 2014

 

http://petitesplanetes.bandcamp.com/album/b-n-d-i-c-t-i-o-n-s


"J’ai voulu concevoir cette sélection musicale comme un rituel en soi. Cinq parties ou actes entièrement composés de rituels animistes qui portent sur la bénédiction et la guérison à travers les cultures du monde. Des chants lointains des vieux chamans sibériens aux incantations des curanderos amazoniens, des flûtes polyphoniques de bénédictions du sud éthiopien aux tambours guérisseurs du Sri Lanka. Petit tour du monde du sacré pour une bienvenue guérison. "
m.
Paris, juillet 2013
•••••••••••••••••••••••••••••••••••••

Liste chronologique des soins en cliquant sur le lien.

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Merci la méthode Apple pie* !

Publié le 7 Septembre 2013 par misslilisadventures dans Concerts etc...

Programme de la soirée : un chti concert folk**, tout doux, tout tranquille... en apparence. A y regarder à deux fois, c'était marqué anti-folk rock. Je confirme...

Bien souvent, je ne fais pas trop attention aux paroles, mais hier, je venais de regarder un film en anglais sous-titré anglais. Traducteur en état de marche. 

 

J'arrive. C'est déjà commencé. Je m'assois.

Nouvelles chansons, j'ouvre les écoutilles à paroles, et j'enclence la traduction. Les mots mettent un peu de temps à produire leur effet... tout en douceur... Le temps que je les comprenne, que je traduise... Jool est déjà passé à la suite.

Je sens mes émotions du jour revenir par vagues, tout envahir, puis, craquer le barrage. Je n'y prends pas garde. J'écoute. J'essuie quelques larmes, discrètes. Je gribouille.

Assise à l'arrière, belle salle, bon son. Concert intimiste. Je vais quand même pas éclater en sanglots ? Non non non. La chanson d'après. Ouf. Autre émotion, je ris.

Tout me touche, tout fait sens, comme un plein feux sur toute mon existence. On avait dit un cornichon à la fois !

 

Petite pause.

Je continue à gribouiller.

 

Une autre page, d'autres rythmes, et c'est reparti !

Bienvenue en super empathie !

Rebelote.

Et vas-y que ça submerge, rigole, pleure... de la femme libre à celle qui préfère la poésie à la prose (la même ? une autre ? Je ne sais plus) à celle objet, maltraitée, que son mec saute parce qu'il n'a rien d'autre à foutre. Special bonus track***...

Ca me bouleverse, ça me chamboule. Accroche-toi au crayon ! Ce soir, on navigue au large sur mer agitée. Déboussolée.

 

Je parle aux artistes, de loin-dedans. Un CD. Des mots ? En français ? pffiut. Ils sont quelques part sur le rivage... et les 50 en anglais font tellement le foutoir que  j'y pense même plus.

"Ah c'est comme ça ? Attends un peu... Tu vas voir. Ca va être ta fête à la sortie !"

Je dis au revoir. Je pige à moitié. Je le fais répéter. "Gné ? Pas compris. Mais articule ! Ya les petits anglais qui dansent la gigue là-dedans !"

Je sors. Il pleut plus. Je tourne à droite, direction bus. Je respire.

Les émotions m'attentent, tapies au tournant... et... PTAF ! Me voilà à chialer comme un bébé. Quelques pas, un sourire qui revient, et zou, vague de larmes, réchauffées par un fou-rire... Je traverse, remonte. Pause larmes. Je cherche des mouchoirs. Ya un café au coin. Je vais quand même pas morver comme ça en pleine rue. Un peu de tenue tout de même ! Préserver un semblant de dignité. "Dignity, always dignity !"**** comme dirait Gene Kelly...

Tu parles. Si déjà j'arrive sans gluer de larmes jusqu'aux pieds... Pourvu que j'ai un autre paquet...

Out le bus. Je marche en attendant que ça passe.

Putain darc-en-ciel.

Surplus de l'armée. "Héros ordinaire"*****. Autres souvenirs, et zou la grosse vague ! Gné...

Je suis fatiguée, soulagée, apaisée, amusée, réchauffée... Ya tout dedans.

Toute la palette en mouvement. C'est beau la poésie.

Ah c'est cucu la "folk" ?! Dix fois pire qu'un concert rock !

J'arrive lessivée. Je repleure encore. L'épuisement de la guerrière. Ya mon oreiller qui me fait du moelleux de loin. Un peu de douceur et de tendresse.

Ca c'est du concert !

 

* Méthode d'anglais que j'avais au lycée. John and Betty étant les cousins du Brian de la cuisine de la méthode d'avant (l'histoire ne nous dit pas si c'est lui qui cuisina la tourte aux pommes...).

** Joolsy et John and Betty Feat. Gunnar Ellwanger.

Prochaines dates :

Joolsy : Jeudi 12 septembre à 20h30 au Mizmiz, 6 rue Moret, 11e, M°Ménilmontant. Entrée libre.

John and Betty Feat. Gunnar Ellwanger : Jeudi 12 septembre à 20h30, à l'Espace B. 16 rue Barbanègre, 19e. 7/10 euros. En première partie du concert de Jeffrey Lewis and the Rain.

*** Another girl de Jeffrey Lewis.

**** Citation extraite de Chantons sous la pluie de Stanley Donen.

***** Une des nouvelles chansons de Joolsy.

 

 

 

 

 

 

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I like it HOT !

Publié le 6 Septembre 2013 par misslilisadventures dans Concerts etc...

Trophés Sunside mercredi soir.

Sunside / Sunset.

 

Eau de cologne pour rafraîchir, masquer l'odeur d'humidité des pierres. Jazz climatisé.

Parfaites jeunes filles, aux cheveux bien lissés, ordonnés, aux pointes fraîchement coupées pour effacer les dégâts du sel et du soleil, les excès de l'été. La peau hydratée pour sublimer le hâle doré. Un brin de maquillage. Robes légères, courtes, décolletées. Montrer qu'on a bronzé. Jouer encore à l'été... 

En rang bien serrés, s'agglutiner, écouter un jazz sirupeux, sans panache. Rebellion convenable.

Dans les tripes, dans le corps, rien.

Jazz cérébral. Ennui sidéral.

Le temps passe... L'envie monte.

D'autres rythmes, profonds, de robes qui se débraillent, de coiffures qui s'ébourriffent... Je retiens mon geste. Respecter les convenances. Rester sagement à ma place...

Je gigote sur ma chaise.

Couché du soleil. Descente.

Un soir. Il est tard. C'est la nuit.

 

 

 

 

Des rythmes qui réveillent et montent des profondeurs, pulsent, submergent.

Sur les sièges même, secouent les corps et vogue la vibe.

Les corps ondulent, scandent, frappent les mains et danse le tempo.

Ca tourne. Ca fait du bien.

Ca réchauffe !

 

Merci Metismatic !

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Pourquoi partager ces impressions avec des gens ?

Publié le 18 Août 2013 par misslilisadventures dans Chroniques d'un chagrin d'amour

C'est plutôt intime, il est vrai. En même temps, je donne pas de noms ni de dates. C'est ça qui est cool avec un trauma, les émotions défient le temps... et elles sont universelles. Je me dis que si ça peut en aider d'autres à se libérer, ben, tant mieux. Autant tenter. 

 

Première raison : j'ai méga peur d'aller farfouiller là dedans. Ca fait super méga mal, et quand on partage une peine, elle diminue. C'est bien pour ça qu'on trouve un si grand nombre de blogs où les gens "se lamentent" (et pour les joies, elles augmentent, c'est cooool). 

Deuxième raison : ya un côté "gredin" en moi, qui espère encore, en loosedé, que celui-dont-je-parle lira ces lignes, se rendra compte d'à quel point il s'est trompé sur mon compte, et que je suis une nana géniale, et formidable, et qu'il acourera avec un écrin et une rose... et que j'aurai pas à en chier méchamment. 

Ce à quoi, mon expérience me répond que dans ce genre de situations, c'est surtout les hyènes moqueuses et les chacals qui accourrent, en mode "viens que je te console avec mon baiser magique qui les fait toutes succomber". 

Ca me rappelle l'histoire du petit piou dans Mon nom est Personne, et sa moralité : "quand t'es dans la merde, ferme-la". Assez donné dans ces conneries pour toute une vie. Cette fois, je chiale d'abord, je me console, et ENSUITE seulement, je rouvre la porte à l'autre. 

D'abord me trouver moi. Sinon, bonjour la fusion et j'ai pas envie de ça. 

 

Je sors du déni. 

Je le sens maaaaaaaaal... Pas envie, mais alors, pas DU TOUT envie de sentir ça. 

Bon, le truc positif, c'est qu'il s'agit d'un chagrin d'amour, mais que dans mon cas, il est pas mort. Pas comme dans le livre. En même temps, si c'est pour que ça aboutisse à une séparation définitive horrible et tout, et ben, c'est ignoble à imaginer. Sauf que, c'est déjà le cas. Oui mais non. Jusque là, j'ai refusé de le voir.

Bip bip ? Moué. Non. Je ne prendrait pas la fuite encore une fois. 

 

Ouh que je suis positive. 

Genre pas de vie après... Attila ? Bien sûr que je vais être heureuse et aimer à nouveau en grand de toutes les couleurs et que la vie est belle. 

Mais à cet endroit là, en pleine tempête intérieure, au plus profond des nuées où je me suis planquée pour l'aimer; là, ça fait super mal, super peur, et ya personne à qui le dire. Là, tout au fond, ben... j'ai vraiment pas envie d'y aller.

Ne pas forcer. 

 

J'vais aller manger d'abord. Ca viendra.

Ya pas d'autre chemin. 

J'ai l'impression d'être de retour sur le bord de la piscine quand j'ai appris à nager, avec le maître nageur qui me faisait faire des longueurs seule avec lui en "carotte devant le nez de l'âne" nageant devant moi, pour apprivoiser ma peur de l'eau. 

Ya pas une baleine dans le coin ? Un cachalot ? Un dauphin ?

"Flippeuse la dauphine". Jeu de mot de merde. Nan, je suis pas maso. J'en ai ma claque. Je craque. C'est épuisant de m'empêcher de sentir ça. C'est comme éclipser le soleil depuis... pffiuuuu, trop longtemps. Le soleil, et la tempête autour. 

 

C'est du passé, je suis là, j'ai gagné. Maintenant, ya plus qu'à accueillir les émotions passées, alléger mon sac... faire de la place pour aimer, tranquille, en paix. 

 

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En chemin vers moi

Publié le 18 Août 2013 par misslilisadventures dans Chroniques d'un chagrin d'amour

"Il se sert de la shacapa, le bouquet de feuilles. Il la secoue avec sa main droite pour composer un rythme. Les feuilles se frottent entre elles. Vrai coeur végétal. Rythme binaire. Qui m'ancre dans la terre. L'énegie pénètre. Brûle les barrières. Je le sens. Besoin soudain de cette diète, besoin de cracher la douleur, besoin d'être légère. Pour te retrouver"

in Journal d'une apprentie chamane de Corinne Sombrun, p.46

 

Cracher la douleur. M'alléger. 

 

J'ai vu des amis. 

Une : méditation en mozaïque. Je me suis assise, et je l'ai regardée peindre une rivière... rouge. Ambiance pirate très apaisante. 

Deux : cuisiniers du soir, espoir : fans d'oignons, d'ail, et autres joyeusetés. Méditation culinaire, en les regardant émincer et laisser fondre à la poêle, avec l'amour et la patience de la cuisine bien faite. Ambiance gourmande, et zen. Fatigue et faim. 

Je me rends compte à quel point je suis déconnectée de mes besoins essentiels. Je me coupe de moi, souvent. Trop souvent. J'aimerais bien partager ces moments avec d'autres. Ca me manque, la communion des repas. 

 

Je continue ma plongée dedans moi. 

J'ai ralenti le rythme. 

J'ai pris le temps de sentir, de laisser se dissiper peu à peu le brouillard de trac et de stress qui m'enveloppait. 

J'ai peur de me sentir. Peur de me reconnecter à moi. Peur de ne pas me reconnaître ? Comme si j'allais retrouver une petite fille après 20 ans d'absence... devenue femme. 

Quelle femme ? Qui suis-je devenue ? 

 

Je prends le temps. Je fais des pauses, des siestes. Avant de manger, après manger... Je prends le temps de me sentir. J'accueille ma fatigue, et bizarrement, plus j'accepte de sentir que je suis fatiguée, plus je me repose, plus ça va. 

 

Je bouge au ralenti, comme pour ne pas troubler l'eau... Je nage encore dans la rivière du souvenir... 

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Stade 2 (rien à voir avec le foot ; quoique...)

Publié le 16 Août 2013 par misslilisadventures dans Chroniques d'un chagrin d'amour

Bon, ben, voilà. 

 

Me voici de retour par ici, en fuite de Facebook histoire de ne pas noyer tous mes "amis" sous des torrents de larmes. 

 

Prise de conscience du jour : le coeur humain n'est pas fait pour faire le deuil d'une personne vivante (déjà que pour les morts, on continue à leur parler après... si vous niez, c'est que vous en êtes encore au stade 1. Cherchez pas, j'ai raison, je suis super triste, pis c'est moi qui écris.)

Le papillonnage amoureux est une invention du Grand Capital pour nous faire bouffer des anxiolitiques et boire de l'alcool en sortant draguer et consommer pour oublier. 

 

J'enclenche le stade 2. 

Je sors du déni à la "même pas mal, même  pas faim, même pas envie de me lever, même que si je suis suffisamment patiente, ça va passer tout seul. Je vais me réveiller après, et ça sera ailleurs." 

(Si d'abord. La Belle au bois dormant, ça marche ! )

 

J'arrête de faire semblant que tout va bien alors que dedans c'est Beyrouth. Je reconnecte les circuits. 

 

J'fais un peu comme dans "Valse avec Bachir", mais version "guerre des sexes". 

 

C'est moins sanglant... en apparences. 

 

Et plus j'écris, plus je me dis que c'est pas lui qui me manque, mais moi. C'est de moi que je me suis déconnectée pendant si longtemps. En me déconnectant de ma tristesse, j'en ai perdu du même coup le contact avec mes vraies envies, mon rythme profond. 

 

Fuir, ça va un temps. J'en ai ma claque. J'arrête la fuite en avant. Le temps des larmes est venu. Et des gros câlins de moi à moi, avec tout plein de coussins, en attendant d'être assez vaillante pour pointer mon nez dehors, et m'en aller chercher consolation là-bas loin dans le vaste monde. 

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